Les tourbières

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L’extraction de la tourbe

 

Dans une ère d'abondance et de facilité, il est intéressant de se pencher sur un mode de chauffage aujourd'hui disparu: La tourbe. Ce combustible dont nos aïeux firent un large usage, abondait et abonde encore dans le marais.  

 

Qu'est-ce que la tourbe

 

 La tourbe est un combustible formé par un mélange de fibres végétales plus ou moins carbonisées. Elle se forme au fond des eaux claires et lentes, peu profondes et fraîches, à la moyenne de 1 mètre à 2 mètres 50 par siècle. 

 

Dans la région, la tourbe est gorgée des eaux de ruissellement de l'Artois et de celles d'infiltration provenant de la plaine. Ces eaux s'évacuent péniblement vers la mer par l'intermédiaire des rivières de Guînes, Brêmes, Ardres et du Houlet. L' épaisseur de tourbe, généralement de l'ordre du mètre, peut atteindre localement plusieurs mètres.

L'on comprend à partir de là, que l'homme soit intervenu dans la dépression marécageuse du Calaisis : par intérêt, puisqu'il y avait, en surface et en abondance, la tourbe, source potentielle d'énergie; et parce puisqu'il fallut drainer le marais et y bâtir un réseau de communication depuis la plaine côtière, et l'Artois.

L'histoire montrera comment, les lacs d'Ardres et de Brêmes, les étangs de Guînes, Andres, Balinghem et Hames, les canaux de Guînes et d'Ardres, divers chemins le long d'un réseau dense de fossés..., tout cet ensemble de paysages est le fruit de la complicité entre l'homme et le milieu naturel.

Composition de la Tourbe

 

D’après des analyses effectuées, la tourbe se compose en majeure partie de Carbone, d’Oxygène, d’Hydrogène, de substances minérales et organiques et d’acides dus à des actions microbiennes.

Ajoutons que sa densité est inférieure à 1, qu'elle est spongieuse (65 à 90 % d'eau à l'extraction), qu'elle est de couleur brun-noir.

Son séchage est donc nécessaire pour en faire un combustible.

 

Une expérience montre qu’un pain de tourbe de 100g séché et plongé pendant 24 heures dans de l’eau peut absorber 500g d’eau…

C'est un combustible à flamme longue. Le pouvoir calorifique de la tourbe est d'environ 4000 calories (le charbon a un pouvoir calorifique de 7200 calories par exemple).

 selon Pierre Pierrard  

La vie quotidienne dans le Nord au XIXe siècle», Hachette

En 1900, deux mille six cents tourbiers extrayaient encore près de 45.000 tonnes de tourbe des vallées de la Somme et de ses affluents; soit, à l'époque, le tiers de la production française.

 

 

La localisation de la tourbe dans le calaisis

 

Rappelons, tout d'abord, ce que sont pour les géologues, l'Artois et la plaine maritime, qui, le premier au Sud, le second, au Nord, délimitent la dépression marécageuse de la région.

 

Les collines d' Artois

 

elles culminent à une centaine de mètres d'altitude; elles sont formées de terrains crayeux, datant de l'ère secondaire, et parfois de sables tertiaires, ou de limons quaternaires.

 

La plaine maritime

 

Elle s'étale au niveau de la mer, ou à quelques mètres au dessus, depuis l'Artois jusqu'aux estuaires des grands fleuves allemands, à travers la Belgique et les Pays-Bas. Elle résulte de l'accumulation, à l'époque quaternaire, de tourbes et d'alluvions fluviales, et de sédiments marins, ces derniers apportés par les transgressions (1).

 

Quant aux marais.

 

On les rencontre dans la zone intermédiaire, située légèrement en dessous du niveau de la mer, là où la tourbe (2) affleure, entre Coquelles et Bois en Ardres.

Recouvrant les sédiments marins de l'Assise de Calais, la tourbe s'est formée après le retrait de la mer, il y a plusieurs milliers d'années. Mais, à la suite de la transgression de Dunkerque II (IV - VIII siècles après J.C), le destin du secteur Guînes-Ardres a divergé de celui de l'ensemble de la plaine: le flux marin, contournant les cordons littoraux du Calaisis, a remonté les estuaires de l' Aa et de la Hem; il s'est ensuite épuisé à l'Est, face au goulet de l' Aa à Watten, et a buté, au Sud, sur les flancs de l'Artois, particulièrement sur le promontoire de Bois en Ardres. Il a érodé la couche de tourbe au Nord, la recouvrant, quand elle persistait de sable et d'argile.

 

Les autres dépôts de tourbe 

 On trouve les principaux dépôts de tourbe ,un peu partout dans le monde, en France dans les larges vallées des rivières comme l'Oise, la Marne, la Basse Seine, la Basse Loire et, plus près de nous dans la Basse Somme et dans les vallées de l'Authie et de la Canche.

 

Si les dépôts atteignent jusqu'à 15 mètres d'épaisseur dans les tourbières les plus importantes qui se trouvent à l'extrémité de l'Amérique du Sud, en terre de feu et aux îles Falkland, dans notre région du Nord de la France elle ne dépasse guère 1 m 50.

De nos jours on ne pratique plus à quelques rares exceptions près l'extraction de la tourbe dans les marais de France .

 

L'Histoire de l'exploitation de la tourbe dans le Calaisis

d'après l'Association Culturelle et Historique d'Ardres

Édition 1988

L'homme s'est installé très tôt dans les marécages de la plaine; on a retrouvé dans la tourbe des pièces archéologiques datant du Néolithique, de l'âge de bronze et de l'âge du fer. Quant aux vestiges gallo-romains, on les rencontre toujours à la surface de la tourbe.

 

C'est à cette période que remontent les témoignages les plus anciens de l'exploitation de la tourbe. L'on savait, par l'intermédiaire des textes antiques, que les premiers habitants de la région d'Ardres, appelés "Morins", qualifiés de "derniers des hommes", mais aussi d'hommes de la mer et des marais, fabriquaient du sel par évaporation de l'eau de mer, et par brûlage de la tourbe. Le mérite revient aux archéologues d'avoir récemment démontré que cette "Industrie du sel ignigène" était localisée exclusivement dans les marais de la Morinie, notamment au Nord-Ouest d'Ardres.

 

Cette industrie. florissante au II ème siècle après J.C. a été anéantie dès les premières invasions, vers 268. L'instabilité politique, la menace que représentait la montée, dans la plaine, des eaux venant de la mer, expliquent que les marais, région par nature peu hospitalière, mais restée toujours émergée, furent désertés, à partir de ce moment-là et pour plusieurs siècles.

Les marais réapparaissent dans l'histoire au Moyen- Age ; les lettrés se mettent alors à rédiger mémoires et chroniques, au premier rang desquelles, pour notre région, il faut citer la chronique de Guînes et d'Ardres par LAMBERT. Son auteur y décrit l'exploitation de pâtures et marais tourbeux, à Ardres, vers 1100.

Pour une période plus récente, l'examen des comptes de Calais, sous l'occupation anglaise, apporte la preuve d'un commerce de tourbe entre la ville et les campagnes avoisinantes. Et l'étude des archives locales montre que, moyennant redevance, l'on pouvait défoncer une parcelle de terrains communaux, à charge de remplacer, par de la terre ou de l'argile, la tourbe enlevée (clause qui tomba en désuétude au XVIII ème siècle)

 

Sous l'Ancien Régime, les sources d'information deviennent encore plus consistantes. L'on peut reconstituer la vie du tourbier, à partir d'actes publics (édits royaux, règlements municipaux) ou privés (ventes ou location de près inondables et de terres à tourbes, inventaires après décès...).

 

L'on peut aussi, en comparant plan, cartes, parcellaires et en étudiant les rapports des ingénieurs royaux, suivre l'évolution topographique des marais du Calaisis : l'on constate une double tendance, et l'extension de la surface des étangs et viviers, et la régularisation des voies d'écoulement des eaux vers la côte.

Survient la Révolution Française, dont les conséquences sont considérables, car elle entraîne, en 1793, le partage des biens communaux. 

 

Prenons l'exemple d'Ardres : la ville divise le communal à savoir, les pâtures inondables du Blanquart et du Palentin, en près de 2 000 (1) lots d'une surface de 5 ares 05. La décision sera, après divers procès, annulée et c'est en 1821 que la commune aliène les marais au profit de ses occupants, conservant la propriété des chemins et des terrains en déshérence.

 

Les propriétaires eurent donc la possibilité d'exploiter, intensivement et à ciel ouvert, les gisements de tourbe... qui s'épuiseront vers 1850-1880. 

A cette époque, il est vrai, le chemin de fer apporte, dans la région, le charbon, dont le rendement énergétique est bien meilleur que celui de la tourbe.

 

 

Les Activités du tourbier à Guînes

 

Au début du XVIIe et pendant plusieurs décennies la majeure partie des contrats enregistrés chez les notaires  de  Guînes concerne des marchés de fagots passés avec les marchands du bourg. Ce bois de chauffage, provenant des forêts de Guînes et de Licques est coûteux. En 1657, les gros fagots, de la grosseur de sept paumes et demie et d'une longueur de quatre pieds et demi, sont vendus 13 livres tournois les 100. 

A la même époque, un porc est estimé à 6 livres!

   

Cet autre combustible, moins onéreux, la tourbe, est utilisé comme moyen de chauffage depuis très longtemps par les habitants des marais. Son pouvoir calorifique est inférieur au bois, et en se consumant, elle dégage beaucoup de fumée.

 Elle possède un avantage important, on la trouvait sur place dans le sous-sol humide de la région de Guînes

 (Le Marais de Guînes, Andres, Hames Boucres, Fréthun).

 

 L'augmentation de la population dans le pays reconquis a accéléré la demande et le développement de cette activité. Après Guînes, Calais est intéressé par ce " charbon de terre". La densité du réseau fluvial a été l'élément primordial pour vendre également dans les Flandres en utilisant le bateau, moyen de transport idéal pour l'expédition de cette marchandise volumineuse. Contrairement aux chemins, impraticables par mauvais temps, les rivières, sauf par fortes gelées, ne présentent pas de difficultés majeures. L'embarquement des briques de tourbe se fait sur le lieu d'extraction.

L'équipe travaillant sur le « carreau» de l'atelier se compose du«tireur» arrachant la tourbe du marais avec sa «haudrague» ou louchet pour la remettre aux «batteurs» et «mouleurs» qui la transformeront en briques. Elles seront étalées par les " Brouetteurs" et sécheront plusieurs semaines avant d'avoir les qualités nécessaires pour être expédiées et brûlées avec le meilleur rendement par les destinataires.  

 

Le tourbier, en général batelier, travaille en famille. Il vend directement sa production ou est employé par des marchands ayant conclu des contrats importants. L'extraction de la tourbe est réglementée. Début XIXe siècle, on trouve, dans les extraits des minutes aux Arrêtés du Préfet du Pas de Calais, la liste des tourbiers autorisés à extraire chaque année une quantité bien définie de pains, liste  proposée par Monsieur l'ingénieur des Mines qui veillait au respect des dispositions enregistrées. 

 

 

"Tout individu qui contreviendrait aux dispositions établies par le Préfet serait dénoncé au Magistrat de Sûreté pour être poursuivi et condamné comme coupable de larcin, d'une chose appartenant à la Commune. En conséquence, il serait arrêté ..."

Extrait des Minutes - 1er Août 1811

 

Comment extraire la tourbe?

Le travail préliminaire consistait à dégazonner la tourbière à la bêche, sur une profondeur de 20 cm environ, c'est alors qu'apparaissait la couche de tourbe, celle qu'on extrayait au «louchet» court.  

Celui-ci permettait de tirer une hauteur, rarement deux, de tourbe déjà résistante, parce que déshydratée et qui, façonnée en briques par le coupeur, ne perdait qu'environ un tiers de son volume au séchage.  

 

                                     

Extraction de la Tourbe dans la Somme.

 

Avec le "louchet long", le tireur travaillait dans l'eau, mais sa récolte était plus fructueuse puisqu'il arrivait à tirer au mieux, 3 à 6 profondeurs. Les briques étaient alors beaucoup plus volumineuses parce qu'elles étaient imprégnées d'eau et que l'outil les avait ainsi façonnées. Au séchage, elles diminuaient de moitié au moins.

En deuxième stade, venait le "coupeur". C'était souvent un gamin qui aidait le tireur. Armé d'un coutelas à lame courbe et pointue, avec une précision géométrique, il tranchait le lingot compact de tourbe en parts égales, dites « briques» de 25 centimètres sur 10. Aussitôt coupées, les briques passaient aux mains des brouetteurs qui, une brouette adaptée leur servant de moyen de transport, étalaient les mottes sur le pré ou les mettaient en tas de dix. Dans la Somme, on appelait ce travail,  "l'étente" .

 

Qu'appelait-on «louchet » ?

 

C'était une bêche spéciale extrêmement coupante dont un côté était replié de manière à pouvoir emboîter la motte; il était monté à gauche ou à droite, suivant la main qui était appelée à le manipuler. 

En 1786 Eloi MOREL de Thizy Glimont a inventé un louchet avec un manche de 4 à 6 mètres qui permettait d’extraire des pains de tourbe de plus d’un mètre de long et de 10cm de large. Grâce à cet outil, on pouvait extraire la tourbe jusqu’à 6 mètres de profondeur (dans la Somme, par exemple). 

 

On ne sait si cet outil fut utilisé au Marais de Guînes. (on parlait surtout de Haudrague!)

 

Seul un homme éprouvé qu'on appelle « tireur» était capable de manier l'un de ces redoutables outils d'acier dont le manche en chêne pouvait atteindre une longueur de cinq mètres.  

 

 

«Appuyant le taillant de l'instrument sur la paroi battue par l'eau, le tireur, par une pesée sèche de haut en bas, fait disparaître complètement les lames d'acier. Une secousse inverse détache un bloc ruisselant qu'il amène à lui; se retournant, il imprime au louchet un mouvement de bascule et laisse tomber, lourde et flasque la tourbe qui s'en sépare, une tourbe humide, brillante, feuilletée et pailletée de brins jaunes... » 

Pierre Pierrard:

 

 

Au bout d'une huitaine de jours, quand les briques étaient suffisamment sèches, ils en faisaient des piles, en pyramides percées de trous d'air pour faciliter l'assèchement et où les briques achevaient de s'épurer et de sécher. Ces pyramides d'une trentaine de briques étaient appelées « lanternes»  (dans la Somme) sans doute à cause de leur configuration ajourée.

Les briques de Tourbe constituaient un précieux appoint au combustible défaillant. Car si la tourbe ne possède pas le pouvoir calorifique du charbon, elle pouvait comme lui, être utilisée dans n'importe quel foyer domestique.

Évidemment, le travail de l'extraction de la tourbe exigeait une connaissance parfaite du métier, un tour de main qu'on n'acquérait pas du premier coup et aussi l'intervention opportune aux différents stades du séchage qui était peut-être l'opération la plus délicate.

Si ce travail était pénible et peu rémunérateur, en revanche il procurait aux familles de nos régions un avantage certain sur celles des autres communes qui ne possédaient pas de marais. Il existait d'ailleurs certaines exploitations artisanales qui s'occupaient de l'extraction, du séchage et qui assuraient la vente au détail.

De nos jours, il ne reste de ce métier, dans notre région, que des souvenirs chez les anciens et des étangs, des  " trous à tourbe" dans lesquels il ne fait pas bon s'aventurer au risque de s'enliser... (voir les plans de la région: Carte de Cassini: "le Trou d'enfer")

 

Les TOURBIERS à GUÎNES aux XVIIème et XVIIIème SIECLES.

GUERBADOT Michel                 Minutes -  Étude de Maître Louf à Guînes

 

   Au cours de l'année 1699, Jean Lecoustre(1), marchand et maître batelier aux faubourgs de Calais, embauche 15 ouvriers et ouvrières afin de les utiliser sur 4 ateliers différents situés dans les marais de Saint-Blaise. Antoine Hennequin, Antoine Cousin, Pierre Mizoir et Adrien Leroux dit la Rochelle sont employés comme tireurs. A part Leroux payé 4 livres 15 sols, les trois autres recevront un salaire de 5 livres par extraction de 100.000 pains de tourbe. Ce paiement représente la valeur d'un mouton. Les batteurs Michel Hochart, Antoine Macquet, Pierre Hennequin, Jean Lamirand toucheront 4 livres 10 sols pour une production identique. Quant à Marie, Jeanne, Madeleine Antoine, Jeanne Augez, Jean Duportant, Marc Lamirand et Claude Antoine, à battre et mouler, recevront 4 livres 10 sols pour le même nombre de briques. Les salaires sont payés tous les 15 jours.

Le tourbier qui n'est pas propriétaire du lieu d'extraction a la possibilité de louer quelques mesures de terre pour installer un atelier. Le prix de la location est basé sur l'utilisation d'une haudrague (l'outil, le "louchet" qu'utilise un bon tireur).

Le commerce de la tourbe est florissant pour atteindre son apogée à la fin du XVIIème siècle. Des marchands disposant de moyens financiers investissent des milliers de livres dans ce négoce. Un marchand drapier de Guînes, Georges Rébier, époux de Marie Riquier, établit de nombreux marchés avec les tourbiers et bateliers du bourg et des marais environnants. Il est le fils d'un bourgeois de Calais, Adrien Rébier et de Marie Gosselin. La livraison de la marchandise s'échelonnant sur plusieurs mois, l'acheteur accorde des acomptes au tourbier. Le " cadeau" fait partie de la transaction. Au mois d'octobre 1697, Georges Rébier passe une commande de 8.000.000  de pains de tourbe à François Lotte et Antoinette Braulle sa femme, pour une valeur de 1.900 livres. Il est précisé dans l'acte que Georges Rébier baillera en plus du prix de la tourbe " un manteau de bouracan de Rouan (2)doublé de bay (3) le tout de gry de fer et une chemisette à ladite Braulle qui lui ira jusque aux mi jambes et ce de rataine rouge"(4).

En décembre 1697, ce marchand drapier s'associe avec Pierre Lesage, également marchand à Guînes, qui détient un office de sergent royal revendu en 1698. Un accord est signé en février 1699 pour l'achat en commun de 113.259.000 pains de tourbe. A titre personnel, Rébier avait conclu de janvier à mars 1698, une commande avec 12 tourbiers de 19.000.000 de pains d'une valeur totale de 5.358 livres. Les livraisons s'échelonneront jusqu'à Pâques 1699 et la marchandise devait être sèche, bien conditionnée en paquets de 9 et en état d'être brûlée).

 

- (1) L'acheteur paye au marchand tourbier de la tourbe livrée au lieu de destination environ 32livres les 100.000 et 23 livres la moins chère.

Pour Jean Lecoustre son prix de revient (salaire des tireurs, batteurs et mouleurs) est de 14 livres les 100.000. Avant de vendre sa tourbe en état d'être brûlée ce marchand aura déboursé un montant non négligeable. Le coût de l'argent à moyen terme est de 5,50% l'an.

- (2)BOURACAN : Tissus de laine grossière.

- (3)BAY: Etoffe utilisée en général pour la doublure des jupes. 

- (4)RATAINE: Ratine - Etoffe de laine.  


 

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