Guînes et l'eau

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L'eau, principe de vie, est la raison évidente pour laquelle les premier humains se fixèrent très anciennement sur le site occupé aujourd'hui par Guînes.

Avant l'effondrement du Pas-de-Calais, le site se trouvait en effet sur les anciens rivages de la mer du Nord, en un endroit où jaillissaient du sol de l'eau douce en abondance. Le sol était au dessus du niveau des plus hautes marées; il était fertile et une forêt se trouvait toute proche. Toutes les conditions de vie se trouvaient donc réunies.

Les pluies collectées à travers la craie des collines du Boulonnais rejaillissent à Guînes en de nombreuses fontaines ou puits artésiens qui firent de tous temps le bonheur des guînois  et qui, captées depuis 1860, alimentent maintenant Calais et une partie du Calaisis. Elles permirent longtemps l'activité à Guînes de divers métiers artisanaux liés à l'usage de l'eau tels le foulage des draps au Moyen-âge, la tannerie, les moulins à eau, les blanchisseries, teintureries, savonneries, brasseries, etc...

Si les Comtes de Guînes et après-eux les occupants anglais y créèrent un puissant château-fort, ils n'eurent aucune peine à entourer les murailles de douves alimentées en eau par les sources.

Lorsque ces eaux s'écoulèrent vers Calais par la rivière, les guînois construisirent sur place des bateaux et devinrent des bateliers pour transporter au loin les pierres de Marquise, les charbons d'Hardinghen, les minerais de fer, ou pour importer des mines du Pas-de-Calais les combustibles nécessaires à l'industrie métallurgique de Marquise.

 

Chantier -  Decuppe

 

Déjà, au siècle précédent, les habitants du Marais de Guînes avaient pu exploiter dans leur sous-sol les tourbes déposées par les transgressions marines, combustibles que les bateliers transportaient vers la Flandre.

Aujourd-hui, la mer demeure toute proche, et l'eau d'excellente qualité qui coule aux robinets est toujours de l'eau de Guînes.

 

Le pont d'Avignon à l'extrémité du Batelage

Vue ancienne de l'usine des eaux de Calais


Jacques Louf

Société Historique de Guînes

La conférence de M. Jacques Louf