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AU GRAND SALON de la MAIRI E

Le MAJOR MICHAUX ,

M.FLAMENT et trois GUINOISES QUI DISCUTENT

***************************************

 

Major Michaux    Minute SVP, je termine mon rapport et je suis à vous dès que possible

M. Flament râle.  Pas content, ça fait sourire.

 

 

 

Mme Verne          Alors Mme Plouvain, 0 zètes là aussi vous; vous attendez pour voir le major Michaux ?

Mme Plouvain     Oh que oui, faut que je le vois s't'homme là ; c'est l'honneur d'eun'famille qu'est en jeu Mme Verne.

Mlle de Guizelin  Ah si c'est une question d'honneur, je vous comprends parfaitement chère Madame et je suis d'ores et déjà à vos

                            côtés.

 

 

Mme Plouvin      A ça c'est vraimint bien gentil de vot' part Mlle de Guizelin et si vous voulez être ed'min côté, je vais changer de

                            place avec Mme Verne. T'nez, mettez vous à m'place Mme Verne pour que Mlle de Guizelin soit à mes côtés.

    Em'n'honneur! Em'n'honneur.

Mme Verne          Bon, c'est bien, maintenant que vous êtes bien installée, vous allez me dire ce qui vous met dans un pareil état

                            Mme Plouvain.

Mme Plouvin        Ah, vous savez pas peut-être? Tout Guînes i n'est plein.

Mme Verne          Mais non, je ne sais pas, vous parlez de quoi?

 

 

Mme Plouvin        Bon, puisqu'y faut mettre les points sur les i et les barres sur les t, vous savez quand même ce qu'on dit du maire

                            Narcisse Boulanger! de ce qu'il a fait en septembre 14 quand tout le monde voyait les Allemands arriver din

                            Guennes.

Mlle de Guizelin  Ah, ça je me souviens, quelle ignorance de notre population! En fait d'Allemands ce sont des Belges, 4 bataillons

                           de cavalerie venus d'Anvers et qui tentent de se reformer.

Mme Verne         Merci de cette précision chère Mlle de Guizelin; alors Mme Plouvain, vous en étiez vous?

Mme Plouvin      Ben Narcisse, les 30 000 francs sortis de la Perception pour donner aux Allemands pour pas qui tuttent personne

                           à Guînes.

Mlle de Guizelin Ah oui, la fameuse rançon!

 

 

Mme Verne        Oui, c'est ce qu'on a raconté à Guînes mais y'a rien de sûr dans tout ça. Savez à Guînes hein! avec ça. ..

Mlle de Guizelin Et puis vous vous n'avez rien à voir avec cette histoire.

Mme Plouvin      Non. Mais on raconte que les sous i z'ont été retirés par Narcisse et qu'il a demande a m'n'homme, garde

                           champêtre, d'aller les intérer au pied d'un mur d'in l' cati au à Narcisse, à s'Tournepuits.

Mme Verne         Oui bon mais alors.

 

 

Mme Plouvin       Mais z'alors qu'on dit, qu'in Eugène il a été déterrer les sous din l'dos du maire et qu'a tout dit au maire qui

                           s'rappelle pu d'où qui z'a intéré.

Mlle de Guizelin C'est vrai que cela fait maintenant 2 ans cette histoire, la mémoire d'un garde champêtre a ses limites.

Mme Plouvin      Di bin min Eugène, il est pas si courageux qu'ça, interrer, déterrer des sous ça n'in fait des coups d'pelle. Et

                            Narcisse Boulanger, Ii, i'dit, t'in fais pas Eugène, on sait toi comme moi qu tout ça c est des conneries, t'arnournes

                            pas les sangs avec des ragots.

 

 

Mme Verne         Mais oui, faut les laisser dire. Mme Plouvain, vous savez ce qu'on dit: « ell'langue ed'ces gens c'est comme

                            ell'queue d'ces tens, on peut pas l'impêcher ed'caller!

Mme Plouvin     Oui pet'êt. Mais quand j'ai fait min marché vendredi, y'à cell'sal'bête ed'femme Huy là, quand a m'a vu payer mes

                           commissions, all'a fait comme ça:« i' n'a qu'on pas d'mal à y'arriver ». Ah non là j'peux pu. J'arrête pas d'm'faire

                           critiquer. Là c'est m'honneur qui est en jeu et celui d'm'in Eugène, plus d'30 ans de bons et loyaux services à la

                           Ville.

 

Mlle de Guizelin C'est très bien de défendre ainsi votre honneur chère Madame Plouvain mais qu'est ce qu'il y peut ce brave Major

                           Michaux ?

Mme Plouvin     I' peut qui va faire un démenti. Il ira trouver l'maire et i' front un démenti tous les dèves.

Mlle de Guizelin Un démenti franco-belge c'est bien ça ?

Mme Verne       Ne vous moquez pas Mademoiselle. Vous savez les gens sont à cran, à bout d'nerfs et à bout de force. Si je vous

                         disais, on a peut de voir arriver le facteur. On craint qu'il n'apporte une terrible nouvelle, celle d'un proche tué au

                         front. Et je ne vous parle pas des conditions pour se nourrir, et surtout pour que les enfants mangent à leur faim.

                         200g de pain pour une personne âgée c'est peu, 300g pour un adulte normal c'est guère mieux et 600g pour un

                         travailleur des champs c'est tout juste. Plus de cinquante enfants décèdent chaque année et lue de 70 adultes,

                         surtout des vieux puisque les hommes sont au front.

Mlle de Guizelin Et les prix sur le marché. Vous avez vu cette inflation. Le beurre, les œufs, le pain, tout est hors de prix.

Mme Verne        Vous venez voir le major Michaux pour qu'il réglemente les prix du marché Melle de Guizelin.

 

 

lle de Guizelin    Non Non, il faut que je le vois pour qu'il arrête de m'envoyer encore des troupes à loger, je ne sais plus où les

                           mettre.

Mme Plouvin       On m'a même dit que vous aviez un Prince... je crois?

Mlle de Guizelin Qui c'est le Prince de Croy mais il loge chez le notaire, par contre la Comtesse d'Outremont loge au château avec

                            son mari, ce sont des gens délicieux mais là j'ai vraiment, vraiment trop de monde.

M. Flament         Bon là c'est bon Major? ça fait déjà une heure que j'écoute les mémères là, mais là c'est bon, j'ai du boulot moi.

Major Michaux  Dites donc M. M. Flament, vous pourriez être un peu plus respectueux de l'autorité militaire.

 

 

M. Flament        Ah parce que les Belges eux sont respectueux.

Major Michaux  Ce sont des soldats Monsieur, ils sont ici en ville de garnison, à l'arrière, pour prendre un peu de bon temps avant

                          de repartir au front.

M. Flament        Ah ça i z' en prennent du bon temps vos soldats, faut surveiller s'femme et ses M. filles à Guînes, hein!

Major Michaux  Vous oublier aussi de dire que c'est la guerre Monsieur Et les soldats sont toujours punis, vous le savez.

M. Flament         Ah ça, j'dois dire que vous avez une drôle de méthode pour les punir vos soldats.

    Eh à la revue alignés su'l' place. Toi t'as fait l'con hier soir dans un bistrot. Et paf un coup d' poing dans les loupes.

    Drôle de méthode Major; c'est spécial dans l'armée belge, pet' êtes!

 

 

Major Michaux   Non, Monsieur, une punition reste une punition mais je vous l'ai déjà dit c'est la guerre et ils sont plusieurs milliers à

                           Guînes et dans les environs.

M. Flament        Et ils sortent le couteau les gaillards. Min copain Diane il a été blessé par un noir.

Major Michaux  Un annamite, Monsieur que vot' copain Diane avait provoqué au café Couture, au Batelage. Mais je suppose que

                           vous n'êtes pas là pour ça.

 

M. Flament        Non c'est pour votre lettre de réquisition là, j'ai besoin de mes bâtiments moi pour mes activités professionnelles,

                          alors j'peux pas loger vos chevaux belges Monsieur le Major!

 

Le major Michaux s'avance sur M. Flament, l'autre recule.

 

Major Michaux  Ah M. Flament, toujours à rouscailler, à vouloir bénéficier de privilèges. Si vous aviez du supporter l'armée

                           allemande à Guînes, hein?

M. Flament         Ben, j'auro fait comme vous, j'me s' rais sauvé.

Major Michaux   Hum, bougre de cochon.

 

 

A lafin du texte ========= coup de poing.

M. Flament sur les genoux de Mlle de Guizelin.


Textes: Eric Buy, Président

Crédit photo: J-L Bodart

 Société Historique de Guînes